
Richard Cauchon
Homme de coeur et de passion.

À propos de Richard
Richard était un être profondément passionné, authentique et vibrant d’humanité. Il aimait se présenter avec humour en disant qu’il était « Gémeau, gaucher et daltonien », et il aurait peut-être pu ajouter « braillard » tant son émotivité faisait partie intégrante de son identité.
D’une sensibilité désarmante, Richard était ému par les grandes choses comme par les détails les plus simples. Ses larmes, célèbres dans son entourage, n’étaient pas réservées aux départs du BU : il était touché par les réussites et les moments marquants de ceux qu’il aimait. La fierté qu’il portait à sa famille se manifestait souvent par de profonds élans d’émotion : un but de Caël au hockey, une belle passe de Louis, une prestation de Mélodie ou les préparatifs de son mariage, une sortie à vélo avec Jessy, une invitation de Vicky ou un dîner avec Quentin. Même un but du Canadien en prolongation avait le pouvoir de lui tirer les larmes.
Il était également fier de ceux qui l’entouraient, qu’il s’agisse de ses proches, de ses amis ou de ses collègues. La construction de l’incubateur, un projet qui lui tenait particulièrement à cœur, le touchait profondément : il suffisait qu’on évoque les remerciements à faire pour que les émotions montent.
Parcours académique et vocation d’enseignant
Richard avait complété une formation en psychosociologie de la communication, couronnée par une maîtrise portant sur la résolution de problèmes et la dynamique des petits groupes. Sa famille constituait, comme il aimait le dire, son « grand laboratoire ». Les repas familiaux, souvent longs de deux à trois heures, étaient des espaces ouverts de discussions, parfois exigeants pour les adolescents mais qui ont participé à créer une famille soudée dont il était immensément fier.
Pendant près de 35 ans, Richard a enseigné à l’UQAM comme chargé de cours. Il possédait véritablement la vocation de l’enseignement : découvrir quelque chose de nouveau signifiait nécessairement chercher à qui le partager. Qu’il s’agisse d’un gadget, d’une découverte musicale ou d’une information théorique, il diffusait ses trouvailles avec un enthousiasme contagieux, multipliant les messages et les voies de communication pour être certain de rejoindre la bonne personne.
Il ouvrait généreusement les portes de ses classes à des étudiants libres issus de son entourage, et plusieurs ont eu la chance de bénéficier de son mentorat. Il accompagnait également de jeunes enseignants, comme Meeker, et la narratrice elle-même, qui témoigne à quel point ces années d’enseignement avec lui furent déterminantes. Richard a aussi enseigné en entreprise, donné des formations de sécurité moto : transmettre était au cœur de sa vie. Comme tout bon professeur, il répétait toujours trois fois… au grand amusement – et parfois à l’agacement – de son entourage.
Son métier lui laissait un horaire souple, presque celui d’un semi-retraité, qui lui permettait de consacrer du temps à ses nombreuses passions.
Sport, engagement et aventures humaines
Sportif de nature, Richard s’est rapidement intégré à Bromont par le hockey, dès son arrivée il y a dix-neuf ans. Il jouait jusqu’à cinq fois par semaine dans trois ligues et s’est engagé bénévolement dans l’organisation, notamment aux côtés de Ben Beaudry. Lorsque ses genoux lui ont imposé d’accrocher ses patins, il a poursuivi son implication dans sa communauté à travers l’équipe du spectacle aérien, puis surtout au CNCB.
Au CNCB, Richard retrouvait l’union parfaite de plusieurs passions : la moto, le vélo, l’encadrement et l’entraide. Après sa crise cardiaque en 2017, il s’est demandé ce qu’il avait toujours voulu accomplir : traverser le Canada. Avec l’accord de son cardiologue, il s’est lancé dans cette aventure à vélo, accompagné de Jessy, leur plus jeune. L’équipe du CNCB, dirigée par Nicolas, a joué un rôle essentiel dans sa préparation et sa remise en forme. Richard, qui se qualifiait « d’homme ordinaire », reconnaissait pourtant la force extraordinaire de cette communauté qui l’avait porté. Un banc à son nom figure désormais dans les estrades.
Le BU a ensuite pris une place immense dans sa vie.
La randonnée était vitale pour Richard, et la plupart des voyages étaient planifiés autour de sentiers et de paysages spectaculaires. Après des années de douleurs, il a dû subir la reconstruction complète de ses deux genoux, une intervention réalisée par son ami Étienne, qui lui a redonné mobilité, liberté et espoir. Il a pu ainsi reprendre son bénévolat, notamment au BU, enthousiaste à l’idée de retrouver cette grande famille. Quelques jours avant son décès, il confiait : « Aujourd’hui, je me suis senti aimé. »
Il s’était également engagé récemment au CENS, où il marchait régulièrement en inspectant les arbres fragiles et les nouveaux sentiers – qu’il avait hâte de faire découvrir.
Passions et moments de renaissance
La moto était une autre de ses grandes passions : il avait parcouru des milliers de kilomètres avec des amis et venait tout juste de s’offrir la moto de ses rêves. Sa seule hésitation, les jours de beau temps, était de choisir entre le vélo et la moto, tant les deux lui procuraient un sentiment d’évasion.
Depuis sa retraite, la musique avait pris une place immense dans sa vie. Mélomane et audiophile, Richard écoutait une à deux heures de musique classique chaque jour. Elle lui offrait une forme de paix et de plénitude qui complétait ses trois autres grandes passions : la moto, le vélo et la randonnée.
Son urne, posée dans une enveloppe qui évoque une carte ancienne du Canada, et son passeport italien placé juste au-dessus témoignent de deux dimensions importantes de sa vie : son amour des voyages et son attachement profond à l’Italie. Lors de son secondaire 5, il avait choisi d’étudier là-bas pour apprendre la langue. Cette expérience l’avait transformé, et il adorait parler italien, toujours avec une joie débordante.
Héritage
Richard entretenait ses amitiés avec sincérité et constance. Il n’hésitait jamais à dire « je t’aime » à ses proches, accompagné d’une accolade chaleureuse. Dans l’épreuve, une immense vague de solidarité s’est levée autour de la famille. Ce soutien, cette bonté collective, ont rappelé que malgré la morosité ambiante, la bienveillance humaine demeure bien vivante. La mort soudaine de Richard a été un véritable « reality check », un rappel que tout est fragile et précieux.
Le deuil a touché un grand nombre de personnes, chacune pour des raisons différentes, mais l’esprit de groupe, l’amour et la générosité qu’il a inspirés continueront de porter sa mémoire.
Richard laisse derrière lui une empreinte lumineuse. Il a transformé ceux qui ont croisé sa route, et il continuera de vivre à travers eux, dans leurs gestes, leurs passions et leur manière d’aborder le monde.
